Une grosse saisie de matériel musical, samedi soir sur le territoire communal de Collobrières, prouve que les forces de l'ordre n'entendent pas laisser les rave parties se déployer impunément dans la nature. Parmi ce matériel, notamment quatre colonnes audiophony de 500 watts pièce, et des enceintes constituant un mur sonore d'environ 2,50 mètres, des amplis, des caissons de basse, des platines, des vinyles, des bidons essence... Il y en a pour plusieurs centaines de milliers d'euros.
Rappel des faits. La rave party vient juste de commencer lorsque, vers 23 heures, une patrouille de onze gendarmes, placés sous les ordres du lieutenant Laurent Évain, commandant la communauté de brigades de Pierrefeu, débarque en pleine forêt. Ce soir-là, les teufeurs peuvent dire adieu à leur soirée festive.
Gros risque d'incendie
Alertée par un riverain qui a remarqué deux gros camions pénétrer dans la forêt de Collobrières, la gendarmerie de Pierrefeu donne l'assaut. « Nous serons désormais intransigeants, prévient le lieutenant Laurent Évain. Depuis quelques mois, des soirées sauvages de ce genre s'organisent dans le secteur de Collobrières. C'est totalement illicite. Et le risque d'incendie est maximum. C'est de plus, le rassemblement des consommateurs de drogues. »
Sur place pourtant, les gendarmes ne découvriront que quelques barrettes de cannabis. Mais surtout une quarantaine de jeunes prêts à s'éclater toute la nuit. Ces derniers devaient être rejoints par une centaine d'autres.
Amendes sévères pour marquer les esprits
Le matériel vient juste d'être installé, comme le bar mis en place. « Ils fonctionnent par SMS et se guident par téléphone portable », poursuit le lieutenant.
Immédiatement, les gendarmes de Pierrefeu coupent le son et ne le remettront pas.
Ils procèdent ensuite aux relevés d'identité et verbalisent la quinzaine de véhicules garés à proximité : 135 e d'amende. « Nous avons la volonté de pénaliser sévèrement pour bien leur faire comprendre de ne pas recommencer. »
Puis, démontage de toute la sonorisation qui est saisie et stockée en lieu sûr jusqu'à la procédure judiciaire prévue en septembre.
Celle-ci pourra ordonner la vente du matériel.
Les organisateurs, originaires de Callas et âgés d'une vingtaine d'années, seront convoqués devant le tribunal de police d'Hyères. Ils vont également écoper d'une forte amende pour l'organisation, sans déclaration préalable, d'un rassemblement festif à caractère musical avec diffusion de musique amplifiée dans un espace non aménagé.
« La prochaine fois, nous procéderons de la même façon », scande le lieutenant Laurent Évain.



